11 septembre 2005

Les étudiants du canton de Neuchâtel entre 1990 et 2005

Après la publication en 1991 d'une brève étude sur l'Université de Neuchâtel vue à travers les statistiques fédérales, il était tentant de répéter l'opération quinze ans après. Malheureusement, les changements de classification et de structures ont rendu difficile une opération de ce type. Il ne nous est resté que la possibilité de comparer l'apport du canton de Neuchâtel en étudiants universitaires à ces deux moments de son histoire (1990/1991 et 2003/2004), les variations par district en constituant un élément essentiel. Pour ce faire, nous nous basons sur les publications de l'Office fédéral de la statistique (OFS, Neuchâtel), dont nous reproduisons plus loin deux tableaux parus respectivement en 1991 et en 2005.

Il faut noter, avant toute chose, l'évolution de la population du canton de Neuchâtel (Suisse), qui a passé de 160 609 habitants en 1990 (Suisse: 6 750 693) à 167 047 en 2003 (Suisse: 7 384 148). Au semestre d'hiver 1990/1991, le taux d'étudiants neuchâtelois était globalement de 12.1 o/oo (10.7 o/oo pour les étudiants suisses); au semestre d'hiver 2003/2004, ce taux était 13.7 o/oo pour les Neuchâtelois (12.1 o/oo en Suisse). Comme les résultats présentés par l'OFS comportent toujours une rétrospective sur 10 ans, on y découvre une ascension assez rapide du nombre d'étudiants d'origine neuchâteloise entre 1981 et 1990, puisqu'ils passent de 1569 à 1940, alors que, de 1994 à 2003, l'effectif oscille de façon aléatoire autour de 2200 (2237 en 94/95, 2289 en 03/04 , avec une pointe à 2372 en 96/97); dans cette dernière période, les étudiantes dépassent les étudiants en 01/02 et 03/04 . Ce sont bien les jeunes femmes qui font la différence, puisque, dès l'an 2000, les jeunes hommes sont en nombre inférieur à 1200 et en effectif peu éloigné de celui des années 1986 à 1990.

Comme dit plus haut, une information importante réside dans la répartition par district, districts qui sont assez différents les uns des autres en situation géographique (du bord du lac aux montagnes du Jura) et sur le plan économique (tissu industriel variable, présence plus ou moins forte de l'administration). Au niveau de la population, on est d'abord frappé par la régression du district du Locle (il passe de 14 738 habitants en 1990 à 14 382 en 2003), qui contraste avec la croissance du district de Boudry (de 33 747 à 36 963) et celle du Val-de-Ruz (de 12 777 à 14 853). Quant au district de la Chaux-de-Fonds, il gagne moins de 1000 habitants, tout comme le Val-de-Travers. Neuchâtel, enfin, stagne quasiment avec un gain inférieur à 150 habitants.
Qu'en est-il du taux d'étudiants par district ? Comme dit plus haut, le taux d'étudiants a augmenté pour le canton et se trouve, aussi bien en 1990 qu'en 2003, au-dessus de la moyenne suisse. Constatons d'abord que, pour les deux périodes considérées, la hiérarchie en tête est restée la même: Neuchâtel (15 o/oo, puis 17.6 o/oo), Boudry (12.2, puis 13.7), le Val-de-Ruz (11.3, puis 12.1) et la Chaux-de-Fonds (10.5, puis 12). Le Val-de-Travers (8.1, puis 10.9) et Le Locle (9.5, puis 8.3) permutent leurs positions; la régression de ce dernier district apparaît donc aussi dans le taux d'étudiants. L'examen de la contribution de chacun des deux sexes apporte quelques surprises. Pour les hommes tout d'abord, le taux a légèrement baissé pour le canton entre 1990 et 2003; cette baisse est relativement importante pour Boudry (de 14.9 à 13.9 o/oo) et le Val-de-Ruz (de 12.6 à 11), alors qu'elle est plus faible au Locle (de 9.9 à 9.2); le taux est stable au Val-de-Travers avec 10.4 o/oo. En revanche, Neuchâtel (de 17.5 à 17.9) et la Chaux-de-Fonds (de 11.9 à 12.6) augmentent un peu leur taux d'étudiants hommes. Mais c'est au niveau des femmes qu'apparaissent les changements les plus significatifs. En 1990, la participation des étudiantes est encore très nettement au-dessous de celle des étudiants; elles représentent alors les 10.3 o/oo de la population féminine du canton (contre 8.0 o/oo en Suisse), ce qui correspond à un effectif d'étudiantes (1169) supérieur à celui des garçons (1120). Le district de Neuchâtel est alors clairement en tête avec 12.8 o/oo d'étudiantes, suivi du Val-de-Ruz avec 10.0 o/oo, Boudry, La Chaux-de-Fonds et Le Locle dépassant un peu les 9 o/oo alors que le Val-de-Travers se traîne à 5.9 o/oo. En 2003, le taux d'étudiantes a passé à 13.6 o/oo pour l'ensemble du canton (il est de 11.4 pour la Suisse). Si le district de Neuchâtel occupe toujours la première place (17.4 o/oo), il est suivi de Boudry (13.5) et du Val-de-Ruz (13.3), la Chaux-de-Fonds (11.6) et le Val-de-Travers (11.3) affichant des taux voisins. Le Locle ferme la marche avec un faible 7.4 o/oo ! Dans quatre districts sur cinq l'effectif des jeunes femmes à l'Université l'emporte sur celui des jeunes hommes (au Locle, les étudiantes représentent les 45.4 % du total des étudiants). Comme on vient de le découvrir, ce sont bien les femmes qui ont fait la différence et expliquent une bonne partie de l'évolution.

Malgré les apparences, l'interprétation des résultats ci-dessus n'est pas simple. Ils sont la conséquence de sources d'influence plus nombreuses qu'on ne l'imagine. Il est vrai qu'en première approximation ils reflètent le niveau socio-économique des zones concernées (les universitaires et les cadres supérieurs conduisent plus volontiers leurs enfants à l'Université; ils habitent plus volontiers au bord du lac) ; mais déjà là, il faut dissocier la région d'habitation de celle où l'on travaille (les Vallées sont choisies comme refuge par certains travailleurs des villes). Bien plus, il faut nuancer l'interprétation immédiate par des effets possibles de variation aléatoire (les effectifs sont relativement petits...). Au-delà, il faut rappeler que l'Université ne constitue pas la seule offre de formation et que, par exemple, l'irruption des Hautes Ecoles spécialisées (HES) apporte une alternative valable aux professions universitaires (et, dans une vision traditionnelle, plus aux jeunes gens qu'aux jeunes filles, malgré les filières santé-sociales). En revanche, on est inévitablement frappé par la féminisation relativement tardive de l'Université (alors que le secondaire II subissait cette évolution depuis assez longtemps). Une explication réside peut-être dans la relative fragilité des apports féminins, ce que montrent, dans le tableau le plus récent, les lignes concernant les étudiants débutants. Enfin, rappelons pour conclure, qu'une fraction importante de ces étudiants des deux sexes alimente l'Université de Neuchâtel, pour laquelle les données ci-dessus constituent aussi une source directe d'information.



02 septembre 2005

La scierie de Talagouga à la fin du XIXe siècle


La scierie du Vieux-Talagouga (près de Ndjolé, Gabon) apparaît ici avec la roue à aubes mue par la chute d'eau. Le personnage visible sous le toit est probablement Virgile Gacon, constructeur de l'établissement depuis 1892.

01 septembre 2005

Gabon-Talagouga

Une équipe de fils de missionnaires français a exploré les anciens sites du Gabon.
Ils n'ont pas retrouvé la tombe de Marie Gacon à Baraka; le cimetière est à l'abandon et Roland Kaehr n'avait déjà pas retrouvé cette tombe il y a une vingtaine d'années.
En revanche, sur le site du Vieux-Talagouga (près de Ndjolé), Claude Laplace et son équipe ont découvert les piliers de béton soutenant la roue à aubes de la scierie. Ils ont mis à jour les fragments rouillés des augets, ainsi que la moitié d'une roue dentée de plus d'un mètre de diamètre. Par ailleurs, la localisation de la scierie (un peu plus bas) est perceptible. Sur l'île de Talagouga (un peu plus haut sur le fleuve), les stèles de Madame Nassau et de Valentine Lantz ont été retrouvées.
Date de l'exploration: été 2005