A propos du byéri fang au Gabon
Gabon : Tête de reliquaire fang (byéri)
Une production du groupe Program33 pour ARTE
Le 29 juillet 2006, la chaîne ARTE a diffusé une courte émission consacrée à une Tête de reliquaire fang. Les Fang constituent une des ethnies du Gabon et conservaient dans une boîte cylindrique des os du crâne de leurs ancêtres ; la boîte était fermée par un couvercle surmonté d’une statuette (ici, une tête). La tête en question appartient au Musée d’ethnographie de Neuchâtel (Suisse) ; elle a été collectée initialement par le RP Trilles, missionnaire au Gabon, au tout début du XXe siècle.
L’émission, signée Ludovic Segarra, montre le tressage des cheveux d’une jeune africaine en allusion à la représentation de la coiffure sur la tête du reliquaire. Louis Perrois commente alors cet aspect et s’étend sur le caractère suintant de cette tête de bois, avant d’expliquer ce qu’est le byéri. Dès ce moment, et pour la plupart des scènes originales, on contemple des images un peu tremblotantes, qui gêne le spectateur habitué à une plus grande stabilité, même dans les prises de vue d’amateur ; peut-être a-t-on voulu accentuer ainsi le caractère vieillot du phénomène décrit. Une séquence est ensuite consacrée à un examen au scanner à Bruxelles ; on y commente le trajet de l’huile dans le bois et la présence insolite de clous, qui n’ont pas de relation avec les miroirs qui symbolisent les yeux. On finit par une vison globale et verdâtre de la tête, qui met bien en évidence sa géométrie. Christian Ndong Mezamet, sculpteur à Libreville, prend alors la parole et commente la forme de la tête en relation avec les concepts de l’art moderne. André Mary revient au père Trilles, découvreur de cette tête de reliquaire, et critique sa façon sommaire de présenter les choses, y compris à travers une photographie corrigée prise en fait au Congo. Une séquence intermédiaire de film ancien (à Libreville ?) est intercalée avant de donner la parole à Roland Kaehr, conservateur au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, pour lui permettre d’apporter une brève biographie du père Trilles et de rappeler que les statues de reliquaires étaient ointes d’huile de palme par les femmes (qui, par ailleurs, n’avaient pas le droit d’ouvrir la boîte et de participer à la cérémonie du byéri). Le professeur Paulin Nguema-Obam, auteur d’un ouvrage sur la religion fang, dialogue avec Raymond Mayer pour traiter de l’évolution des rites vers la discrétion et de la distinction entre initiés et non-initiés. Le gabonais Jean Ndong Ndinko lui succède pour expliquer les rites en langue locale (mais est-ce du fang ?) et lier le byéri à l’acquisition de richesses. Enfin, Hélène Joubert, du Musée du Quai Branly, apporte une conclusion en présentant d’autres têtes. Il en va de même avec la séquence noir-blanc tirée de la bande « Les statues meurent aussi », qui généralise le phénomène de représentation. Le cinéaste et acteur Philippe Mory, de Libreville, coiffé d’une casquette Mercédès, clôt l’émission pour les Africains en parlant du byéri secret. Quelques images toujours peu stables captées sur une route du Gabon terminent le film.
Cette production interrogera certainement ceux qui s’intéressent à l’Afrique et à ses mystères, mais sans leur donner de véritable réponse sur l’actualité et le maintien du culte des ancêtres et des traditions initiatiques. Si, au niveau de la prise de vue, l’émission se révèle nettement insuffisante, elle a, en revanche, le grand mérite de donner la parole aux Gabonais pratiquement à égalité avec les Européens ; c’est un progrès !

5 Comments:
Bonjour à vous!
Merci pour votre blog, que je ne découvre que sur le tard.
Mais il faut signaler que je n'ai vu le documentaire qu'il y a 3 jours, à la faveur d'une rediffusion sur Arte.
Je souhaiterais rajouter une détail un peu éludé dans votre analyse qui au demeurant, est très intéressante: la justification du chix d'un coffre comme reliquaire...
Et si je me permets de faire cette remarque, c'est parce qu'il existe au moins un autregroupe depopulation d'Afrique Centrale, qui conserve aussi une relique en particulier: le crâne. Il s'agit des Bamiléké du Cameroun, populations établies sur les hauts plateaux de l'Ouest du pays.
Sans rentrer dans des détails, il convient de souligner que les Bamiléké ne conservent que les crânes des référents de lignage, mais dans des habitations.
Ceux-ci sont "déterrer" lors de cérémonies spéciales, par des initiés.
Mais la singularité que je voulais souligner ici est celle de la conservation dans un maison particulière, inhabitée, mais dévolue à des "réflexions" spécifiques.
Or, si conservation il y a en un lieu fixe, c'est parce que ces populations ont été sédebtarisées dès le 15e siècle, sans plus jamais avir besoin de migrer, vu leur localisation dans un refuge stratégique, dans les hauteurs montagneuses.
Mais je ne finirais pas mon intervention sans rappeler que la conservation de reliques ne renvoie pas à l'animisme comme souvent cela est annoncé, car dans le cas des Bamiléké aussi, on croit en l'existence d'un être suprême qui est à l'origine de tout, "Shi", et donc la religiosité serait monthéiste.
Sauf que entre Dieu et les hommes, il y a un appui ou un recours plus régulier aux ancines, et aux ancêtres, avec le référent perçu comme intermédiaire du lignagne vis-à-vis du grand architecte.
Bien à vous!
Bonjour à vous!
Merci pour votre blog, que je ne découvre que sur le tard.
Mais il faut signaler que je n'ai vu le documentaire qu'il y a 3 jours, à la faveur d'une rediffusion sur Arte.
Je souhaiterais rajouter une détail un peu éludé dans votre analyse qui au demeurant, est très intéressante: la justification du chix d'un coffre comme reliquaire...
Et si je me permets de faire cette remarque, c'est parce qu'il existe au moins un autregroupe depopulation d'Afrique Centrale, qui conserve aussi une relique en particulier: le crâne. Il s'agit des Bamiléké du Cameroun, populations établies sur les hauts plateaux de l'Ouest du pays.
Sans rentrer dans des détails, il convient de souligner que les Bamiléké ne conservent que les crânes des référents de lignage, mais dans des habitations.
Ceux-ci sont "déterrer" lors de cérémonies spéciales, par des initiés.
Mais la singularité que je voulais souligner ici est celle de la conservation dans un maison particulière, inhabitée, mais dévolue à des "réflexions" spécifiques.
Or, si conservation il y a en un lieu fixe, c'est parce que ces populations ont été sédebtarisées dès le 15e siècle, sans plus jamais avir besoin de migrer, vu leur localisation dans un refuge stratégique, dans les hauteurs montagneuses.
Mais je ne finirais pas mon intervention sans rappeler que la conservation de reliques ne renvoie pas à l'animisme comme souvent cela est annoncé, car dans le cas des Bamiléké aussi, on croit en l'existence d'un être suprême qui est à l'origine de tout, "Shi", et donc la religiosité serait monthéiste.
Sauf que entre Dieu et les hommes, il y a un appui ou un recours plus régulier aux ancines, et aux ancêtres, avec le référent perçu comme intermédiaire du lignagne vis-à-vis du grand architecte.
Bien à vous!
Merci de votre contribution. Si on regarde les choses de loin, les Bamiléké ne sont pas si loin des Fang. Sans parler de contacts, peu probables à l'époque, on pourrait chercher une source d'inspiration commune.
Bien à vous !
Pierre-Samuel
Bonjour à vous, et merci de votre réponse!
Je désespérais presque de ne pas avoir un signe de votre part.
Sans rentrer dans les détails une fois encore, la proximité que vous signalez est plus un atout ignoré qu'un inconvénient avéré, étant donné tous les efforts faits pour "diviser" ou "cloisonner", des peuples qui gagneraient à vivre véritablement leur unité dans les états-nations qui les abritent aujourd'hui.
Je suis convaincu de l'avenir de la culturalité et de la cultrie, comme valeurs refuges et porteuses de demain, particulièrement pour l'Afrique.
Il s'agit de concepts novateurs, au croisement entre la culture, laspiritualité et la citoyenneté pour le 1er, puis la culture et l'ethnie pour le second...
Bref, je suis convaincu du bien fondé de la vulgarisation des similitudes entre peuplades subsahariennes, dans le but de battre en brèche le très destructeur et séparateur cliché tribaliste, et de recontruire/restaurer alors des nouvelles "cultries" ou "culturalités" susceptible de rassembler tout en s'ouvrant à d'autres..
Vaste programme, mais j'y crois.
Sinon pour la source d'inspiration commune, nul doute que le retour à l'egypte ancienne serait tout indiqué.
Mais dans le même temps, les singularités qui différencient certaines populations méritent aussi qu'on s'y intéresse, dans la mesure où on peut par ce canal, mettre en exergue le contexte historique ou géographique qui a accompagné le changement ou la modification d'un concept originel.
Bien à vous,
Tous ces remerciements à la société de prêt Elegant pour m'avoir aidé à obtenir un montant de 1 000 000,00 $ USD pour établir mon entreprise de supermarché alimentaire dans différents endroits. Je cherche une aide financière depuis quatre ans. Mais maintenant, je suis complètement stressé de libérer toute l'aide de l'agent de crédit M. Russ Harry. Donc, je conseillerai à toute personne qui cherche des fonds pour améliorer son entreprise de contacter cette grande entreprise pour obtenir de l'aide, et c'est réel et testé. Vous pouvez les joindre par e-mail --Elegantloanfirm@Hotmail.com
Enregistrer un commentaire
<< Home