28 décembre 2006


Visite d’écoles dans le nord-est du Viet Nam

A l’occasion d’un voyage qui se voulait à la fois exploratoire (dans des régions qui nous étaient jusqu’alors inconnues) et ethnologique, les visiteurs suisses ont eu contact brièvement avec trois écoles qui, à des degrés divers accueillent des enfants des ethnies minoritaires.

Dans la première, une école primaire de 320 élèves située à Hieu Ha (1) (entre le lac Babé et Cao Bang), nous avons ren­contré la directrice qui a volontiers répondu à nos questions, par exemple sur la santé des élèves. Ceux-ci sont soumis à un sys­tème de contrôle semblable à celui des pays européens avec leur concept de méde­cine scolaire. Comme partout, on vérifie la taille et le poids, on procède à des vacci­nations et avant le début de la sco­larité ( ?) le médecin procède à un examen géné­ral et visite de dépistage. Les infir­mières scolaires sont en fait celles des dispensai­res, qui constituent le premier éche­lon du système sanitaire (2). Ce sont elles qui effec­tuent certains actes comme, par exemple, la distribution de produits antiparasitaires (deux fois par an contre les para­sites intestinaux).


On assiste à une leçon très frontale (mais que se passe-t-il quand il n’y a pas de vi­siteurs ?) dans une classe de cinquième d’effectif inférieur à 30 ; la leçon est consa­crée à la division et s’appuie sur l’usage d’un manuel avec exemples et problèmes (ces derniers nous échappent pour des raisons évidentes de méconnaissance de la langue). Les enfants ont des âges différents car ceux qui viennent de loin n’ont pas pu commencer l’école vers six-sept ans comme c’est la règle. Chaque enfant pos­sède un livre (de qualité médiocre, mais il est là) et un cahier, qui nous paraît tenu de façon très inégale (rappelons que, pour les enfants des ethnies minoritaires le viet­namien est une langue étrangère appartenant à un autre groupe linguistique). Les enfants, curieusement, lèvent la main en maintenant le coude sur la table et les doits écartés). Peut-être stimulés par notre présence, ils sont nombreux à vouloir répondre aux questions de l’institutrice (nous n’avons pas eu de contact avec celle-ci).



Il n’y a, bien entendu, pas d’ordinateur dans l’école et le seul autre manuel que nous examinons concerne le dessin ; on y apprend à analyser les formes, comme celle des feuilles d’arbres, et l’on donne aussi des sujets et modèles, comme le lac de Hoan Kiem ou des statues d’hommes célèbres ; on ne sait pas de quel matériel les élèves disposent ici, mais, à d’autres endroits, on a vu des réalisations à la gouache (quant à nous, nous leur apportons des crayons de couleur).


La deuxième école de notre circuit était située non loin de Bao Lac. Cette pe­tite institu­tion de quatre classes est dédiée à l’ethnie dao (3), bien représentée à cet endroit. Nous avons été fort bien reçus par quatre institutrices kinh, qui sont au bé­néfice d’un contrat particulier de quelques années pour travailler dans ce qui paraît être des conditions difficiles par l’isolement des lieux. L’enseignement se fait en viet­namien ; il ne semble pas (mais nous étions incapables de le contrôler) que des le­çons soient consacrées à la langue dao. Pour nous, ce fut toutefois l’établissement le plus sympathique de ceux visités. Les enseignantes, à l’aimable profil, paraissaient aussi heureuses de nous rencontrer que leurs élèves, dont les parents ou d’autres membres de la communauté assistaient de plus ou moins près à nos contacts avec l’école. Dans les classes elles-mêmes, nous avons constaté la présence de deux ordres : une groupe fait face à un pupitre et un tableau noir, alors que l’autre groupe leur tourne le dos et a lui aussi droit à un pupitre et un tableau noir ; l’institutrice, quant à elle, passe d’un côté à l’autre au gré des diverses parties de la leçon. Les classes abritent aussi du matériel pour le protéger du vol ; on y découvre ainsi aussi bien des plaques de fibro-ciment pour le toit que des motocyclettes (probablement celles des enseignantes.



Si l’enseignement est frontal, les petits effectifs permettent de meilleurs contacts avec les élèves, contacts renforcés par le dynamisme du corps enseignant. Comme le montrent les images, trois des classes sont dans une construction en dur, alors que la quatrième est une annexe en planches accolée au bâtiment principal



Les jeunes mamans viennent au spectacle avec leurs enfants plus jeunes et c’est à qui se fera photographier pour se voir ensuite sur l’écran de l’appareil numérique. Tout ce monde aimerait que nous restions pour manger à midi, mais ce n’est pas dans les plans et, faute de mieux nous buvons de l’eau bouillie encore douce.



A 16 km de Quan Ba, on est en pays hmong et c’est là que nous découvrons une troisième école primaire avec trois classes dans la construction en dur et une quatrième classe non loin dans un hangar de planches qui pourrait aussi bien servir de garage.



Le schéma d’enseignement et les manuels sont les mêmes que dans les écoles pré­cédentes. On rencontre là par hasard des candidates institutrices en formation péda­gogique avec leur maître de didactique. Les futures enseignantes intimidées passent à tour de rôle au tableau pour esquisser un bout de leçon, pendant que la responsa­ble prend force notes. Comme ailleurs, les gens sont souriants, alors que notre pas­sage suscite la curiosité chez les habitants qui s’approchent de l’école pour nous observer.





[1] Elle est couplée à une Ecole secondaire qui lui est juxtaposée.

[2] A certains endroits, comme à Lao Chai près de Sapa, nous les avons vus intégrés à un complexe scolaire.

[3] Dao se prononce dzao dans le Nord et yao dans le Sud.