16 février 2008

Pierre Banderet (1919 - 2008)

Ceux qui, comme l’auteur de ces lignes, ont découvert l’avis mortuaire de Pierre Banderet dans le journal l’Express de Neuchâtel se sont demandés s’il s’agissait bien de l’éminent professeur qu’ils avaient connu, tant il est vrai que l’absence d’annonce par l’Université (UNINE) et la Faculté des Sciences pouvait lais­ser planer le doute sur l’identité du défunt. Mais c’était bien de lui qu’il s’agissait, di­recteur du centre de calcul de Brown Boveri à Baden jusqu’à son arrivée comme professeur et chef du centre de calcul de l’UNINE en 1967. Il devait y enseigner l’analyse numérique et l’informatique (avant même que ce dernier concept soit ap­paru) jusqu’en 1985. Le quotidien local et l’Université ont publié une biographie rédi­gée par un de ses anciens collègues, biographie à laquelle on peut se référer sur Internet.

Pour nous, ce sont un peu des flashes qui viennent éclairer certains recoins de notre mémoire au souvenir de Pierre Banderet. Que ce soit dans le centre de Clos-Brochet puis au Mail, il nous avait toujours reçus comme enseignants du se­condaire avec nos élèves ou en quête de perfectionnement.

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Initiant des gymnasiens à quelques rudiments de Fortran appliqués aux mathé­matiques, nous étions accueillis en groupe au centre de calcul pour y perforer des cartes, puis tester les programmes rédigés par les élèves, opération fort dépri­mante tant les retours pour erreur étaient fréquents. Mais, Pierre Banderet était là, toujours prêt à faire des suggestions et à guider les uns et les autres. Même s’il n’était pas inspiré par une vocation pédagogique, sa force de conviction et sa pas­sion pour les sujets qu’il animait se transmettaient à nos élèves. Enfin, il était aussi celui qui paraissait détenir les secrets de la boîte noire et magique que fut longtemps, pour tous, l’IBM 1130, fleuron du Centre de calcul.

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Les enseignants bénéficiaient aussi de son appui et de ses conseils, soit à travers des « cours », soit lors de séminaires. Un de ceux-ci s’était tenu autour de l’ouvrage Computer Science, qui faisait autorité à l’époque. Ce textbook proposait des exercices que nous nous efforcions de décortiquer en groupe d’abord, puis cha­cun de son côté à l’aide des moyens dont nos écoles commençaient de s’équiper. Nous revenions ensuite, parfois un peu penauds, quêter l’avis et les suggestions que nous offrait Pierre Banderet. Ainsi, avons-nous pu, à l’aide de la Wang 600 du Gym­nase cantonal de Neuchâtel, traiter un problème d’entassement de cubes, suivant un long programme rédigé dans le langage "quasi machine" de cet instrument.

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Une dernière vision de Pierre Banderet nous avait fortement impressionné. C’est quand nous l’avions rencontré dans les couloirs de l’Hôpital de la Providence, poussant avec douceur et précision le lit où gisait son épouse. Sur son visage se lisait à la fois l’inquiétude et l’attention qu’il vouait à sa femme, dont le destin était en train de se nouer…